Voix d’auteur

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C’est quoi pour vous, un auteur ?

Réponse 1 : Quelqu’un qui a un message à partager avec le monde ?

Réponse 2 : Quelqu’un qui ose demander de l’argent en échange de ses livres (oui même à Tata Josette) ?

Réponse 3 : Quelqu’un qui se laisse uniquement guider par ses élans créatifs, pour préserver l’authenticité de son message ?

Réponse 4 : Quelqu’un dont le but est d’écrire un best-seller, c’est-à-dire un livre qui plaise au plus grand nombre ?

Pour moi, être un auteur c’est à la fois toutes ces réponses et aucune vraiment.

Bien sûr qu’un auteur a un message à partager avec le monde. C’est pourquoi il écrit avec sa voix, son cœur et ses tripes. Bien sûr qu’un auteur suit ses élans créatifs, il en devient parfois égoïste, car dans ces moments-là, rien d’autre ne compte. Bien sûr qu’un auteur rêve, de façon plus ou moins avouée, d’écrire un livre qui touche le plus grand nombre et bien sûr que recevoir des droits d’auteur est extrêmement jubilatoire… Je me souviens encore du jour où j’ai reçu mon premier chèque, j’ai failli le faire encadrer !

Mais de mon point de vue, un auteur c’est avant tout quelqu’un qui écrit pour être lu, de manière toute intentionnelle.

Savoir que l’on sera lu change le rapport à l’écriture. Impossible de rester dans la complaisance d’aimer ce que l’on écrit. Écrire pour être lu fait entrer l’exigence dans la relation. Dès qu’un auteur s’engage dans un projet affirmé d’écriture, il écrit même lorsque l’inspiration le fuit, même lorsque l’envie n’est pas au rendez-vous. Car il écrit pour d’autres qui donneront quelques euros pour acheter son histoire. Ces autres à qui il doit, en échange de ces quelques euros, la meilleure histoire possible.

Selon Jean d’Ormesson « Celui qui écrit pour un public écrit un navet« . Avec tout le respect que je dois à ce grand monsieur de la littérature, je ne suis pas totalement d’accord. On peut écrire pour un public à condition de lui vendre ses livres, pas son âme.

Après le succès de mon premier roman, Sans traces apparentes, de nombreux lecteurs et même quelques éditeurs m’ont demandé d’écrire la suite. J’ai refusé, j’avais dit tout ce que j’avais à dire sur le sujet des blessures se transmettant de génération en génération.

Pourtant, je n’avais pas épuisé le thème qui me tient à cœur, celui qui fait que j’écris : se libérer des carcans qui nous sont imposés ou que nous nous infligeons à nous-mêmes. J’ai choisir d’écrire un recueil de nouvelles, La désobéissance des pouces, qui met en scène des personnages rebelles à travers les époques. Et en ce moment, j’écris un polar fantastique qui évoquent les choix qui nous survivent.

Je n’oublie pas un instant que j’écris pour d’autres mais je suis fidèle à ma voix d’auteure, celle qui me guide vers les textes que je dois écrire parce qu’ils me tiennent à cœur et à tripes.

Pour devenir auteur, il faut du TEMPO :

T comme Techniques.
Écrire s’apprend comme n’importe quelle discipline artistique. Connaître les règles permet de mieux s’en affranchir. En aucun cas elles ne nuisent à la créativité si on ne cherche pas à appliquer de recette.

E comme Écrire.
Cela peut paraître une lapalissade mais pour devenir auteur il faut écrire. Rêver ne suffit pas. Il faut couvrir des kilomètres de papier de ses mots et de ses phrases.

M comme Motivation.
Écrire un livre (roman, recueil de nouvelles, biographies…) demande de la persévérance. Malgré les annonces de certains guides pratiques, on n’écrit pas un bon livre en 3, 21 ou 90 jours. La conception d’un livre demande du temps, celui de l’écriture, celui de la maturation et enfin, celui de la réécriture.

P comme Publication.
Publier est le but ultime de l’auteur. Là aussi, il faudra de la motivation, surmonter les refus, ne rien lâcher et continuer encore et encore à proposer son manuscrit aux éditeurs… ou le retravailler.

O comme Oser.
Mais à chacune de ces étapes, il faut oser. Oser se remettre en cause en apprenant de nouvelles techniques. Oser laisser la trace sur le papier des idées folles qui nous viennent du fond de notre être. Oser aller jusqu’au bout de l’histoire, au risque qu’elle ne ressemble pas à celle qu’on avait rêvée. Oser présenter son texte à un professionnel, figure d’autorité, puis à un public.

Et notre seul soutien, à chacune de ces étapes où nous nous exposons, c’est notre voix d’auteur.

C’est quoi une voix d’auteur ?

Quand nous sommes enregistrés par une caméra ou un dictaphone, combien sommes-nous à reconnaître notre voix et à aimer cette inconnue ?

C’est le même phénomène avec notre voix d’auteur.  Les autres la perçoivent bien mieux que nous-mêmes. Je suis souvent surprise de ce que me disent mes lecteurs sur mes histoires. Ils y voient tellement de choses que je n’avais pas conscience d’avoir écrites.

Parce qu’elle fait tellement partie intégrante de nous, nous avons beaucoup de mal à identifier notre voix d’auteur. C’est pourtant elle qui donne à chacun de nos textes son originalité. Elle qui parle des thèmes qui nous animent, qui traduit notre vision monde et notre sensibilité. Elle enfin qui transpose notre musique intérieure sur le papier.

 

De l’importance de notre voix d’auteur

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Notre voix d’auteur est le signe extérieur de notre identité d’auteur, immédiatement reconnaissable en ce qu’elle a d’original et d’unique.

Sans elle, aucune technique n’est assez puissante